samedi 23 avril 2016

Le fortin du bon sens II - tiens, un OVNI

Jeu de mot un peu pourri au départ*, j'en viens à apprécier ma sortie "nous sommes des punkschoolers", volontairement provocante et un tantinet vulgaire.

En effet, j'en ai un tantinet (et plus) ras la couenne de cette tendance à encastrer les façons d'instruire en famille (ou en milieu scolaire) dans des niches imperméables et étiquetées. Alors je souhaite à mon tour, bien après d'autres (cf blogroll sur le coté gauche), donner un coup de pied dans la fourmillière (pour voir si ça pique).

Nous punkschoolons. Nous punkschoolons parce que légalement, nous avons ce droit. Nous punkschoolons parce que c'est la manifestation de ma certitude que la diversité des moyens d'instruction est la clef de la transmission de notre patrimoine culturel. L'écriture, le calcul, patrimoine. La littérature, les arts, l'histoire, patrimoine. Les sports, les langues, patrimoine. On ne sauvegarde pas des données sur un seul support. Ne transmettons pas notre patrimoine à la génération suivante d'une seule manière.

Nous punkschoolons parce que j'assume de sortir des sentiers battus, parce que j'assume de prendre ce risque qui bouscule les conventions sociales trop molles et consensuelles. Nous punkschoolons parce que j'ai la carrure d'assumer ça face à l'inspecteur de l'académie, parce que je travaille d'arrache-pied sur son langage pour lui expliquer la vie de La Mioche.

Nous punkschoolons, parce que c'est le tout qui considère que chaque partie a sa raison d'être. En clair, je me contrefiche de l'étiquetage "scolaire", "formel", "informel", "bienveillant", "Label Stern" [...] d'une entité qui pourrait passer dans la moulinette cognitive de La Mioche. Cette moulinette, faut l'alimenter, et cette fois, la faim justifie les moyens, et il faut beaucoup de moyens pour rassasier la faim. Nous punkschoolons, parce que nous faisons une vraie leçon de lecture maître-élève sur le coin d'un trottoir, dans un cahier d'écolier. Nous punkschoolons, parce que La Mioche a le droit d'utiliser un langage de charretier, mais que ce n'est pas pour autant qu'elle dit merde à l'épicière. Nous punkschoolons, parce qu'elle pratique le dessin libre depuis hier pour mieux dessiner sur un sujet donné demain.

Nous punkschoolons, enfin, parce que je refuse que les beaux concepts s'endorment sur leurs lauriers.




* punk + unschool = punkschool
Unschool étant le terme anglophone intraduisible qui soit disant s'oppose au concept homeschool (école à la maison).


PS : tel un libre enfant de Summerhill, je viens d'épuiser mon intérêt pour le terme "punkschool". Vous êtes saufs.

10 commentaires:

  1. Ah que j'aimerais avoir cette assurance.
    Et bien, nous n'avons pas punkschoolé, nous avons unscoulé et reprenons une voie un tantinet formelle mais dans la joie de savoir que c'est le chemin le plus pratique pour notre tribu. Ciao !

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    1. Je crois que tester les limites familiales est une chose bonne et rassurante. Savoir ce qui ne fonctionne pas permet de vivre à fond tout le reste. Que ce soit dans l'unschool ou le formel (ou quoique ce soit d'autre comme courant), je pense que sortir de sa zone de confort de temps à autre est bon pour se retrouver soi et se ré-assurer de ses capacités. Alors oui, ça peut foirer. Souvent même. Ben je dirais comme en création artistique, artisanale, comme dans les innovations technologiques, dans les communautés résilientes etc... il y a toujours bien plus de ratés ou de fausses bonnes idées que d'éclairs de génie.
      Mais ça vaut toujours le coup d'essayer.

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  2. Quel peps dans ce punkschoolons et bien nous nous libre-schoolons ;) Et oui inventons nos mots ! Etre libre d'apprendre, c'est aussi être libre de créer !
    Bon samedi !

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    1. Inventer les mots et créer du sens. Miam !

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  3. bon je continue le jeu de mot alors ici on punk-cool , parce que entre la fatigue de l'hiver,les contrôle, le printemps , nous ne faisons que du formel le matin et après -midi libre en ce moment .
    C'est très très cool, mais nous faisons quasiment tout dans les temps , mes enfants ne veulent même plus de la coupure/récréation , car ils perdent du temps mdrrrr , en même temps se retirer 15 min pour avoir une après midi entière, je dois dire que je suis d'accord avec eux .

    Toutes ces étiquettes nous pourrissent la vie, car chacun veut la sienne sur le haut de la pile

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    1. Oh oui ! C'est bien pour ça que "punkschool" n'est qu'une blague passagère qui ne me fait déjà même plus sourire. Parce que c'est qu'on fait qui prime, pas la façon dont nous qualifions notre mode de vie.

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  4. Je n'ai pas grand chose de constructif ni de pertinent à ajouter, mais j'aime ce texte de bout en bout, coup de gueule, jeu de mot pas si pourri et lassitude finale tout-inclus. Et je voulais juste te le dire.

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  5. Oui ben moi je vais être d'un consensuel navrant ici : j'ai beaucoup aimé aussi !
    Na. (oui, moi aussi je suis une punk)
    Because zut, le principe de l'IEF c'est bien de pouvoir faire quelque chose qui nous convienne; donc si c'est pour ensuite chercher à recoller un dogme, quel qu'il soit, sans s'autoriser à de la "dissidence" là où elle nous conviendrait mieux, ben ... zut, oui. Que ce soit une dissidence dans un sens (sortir du cadre qu'on suit généralement) ou dans l'autre (sortir du non-cadre qui nous faisait envie mais ne nous convient pas, pour regagner le cadre parce qu'il nous rassure).
    Voilà, c'était ma pensée sentencieuse du soir.

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    1. Pensée ensommeillée du matin : merci :-)

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