jeudi 10 décembre 2015

Libre maternelle

Ou comment laisser feuilles, cartons et ciseaux à disposition de la mioche lui a permis d'apprendre seule à découper avec de plus en plus de précision.

Nul besoin, finalement, de livrets de découpage, d'impression à la chaine de motifs aux niveaux échelonnés... La mioche a toujours été libre de découper des formes selon son imagination, sans que je ne me préoccupe d'un quelconque niveau rapporté au programme EN de l'école maternelle, ni même de ce qu'elle découpait (m'en fout royalement en réalité, mère indigne des machins en petits bouts de papier offerts avec tant d'amour...).
La voyant détourer ses messages pour Tomaz le korrigan aujourd'hui (je le remarque aujourd'hui, mais en regardant dans la boîte à mots, elle le fait depuis un moment), je me suis dit chouette, elle va apprécier les poupées de papier à habiller (genre, je serais sûr qu'elle ne hurlera pas de désespoir après avoir malencontreusement tranché le bras de sa poupée quoi).

Et bien oui, elle apprécie. Et si elle prend un ou deux millimètres de marge par endroit (le papier était dans le mauvais sens maman tu vois c'est pour ça qu'il y a encore du blanc pour pas lui couper le pouce), vas-y que je te découpe bien net entre les bougies de la couronne de sainte Lucie, entre les épaules et les tresses de la poupée...

Je pense qu'il est vraiment des choses qui sont inutiles d'apprendre aux enfants, ils se débrouillent très bien tous seuls.

Dans un autre registre, elle n'a jamais trop aimé les coloriages (enfin si, les voir et les imprimer, oui, les mettre en couleur, non). Ça ne l'a pas empêchée de savoir aujourd'hui remplir une surface sans dépasser (bon elle n'est pas à l'abri du dérapage non plus, hein, ce n'est pas un petit génie du pinceau). En fait, elle s'est imposée seule la contrainte de ne pas sortir des lignes, je ne lui ai pas demandé.

Et oui, souvent, moins j'en (je m'en) fais, mieux elle se porte.

Sauf pour l'écrit-lire. Là, visiblement, mon intervention est acceptée voir requise, au moins quelques mots par jour. Par exemple, aujourd'hui, elle m'a demandé de lui dicter lettre à lettre la phrase "tu n'as pas fait mon plan." Ça lui demande beaucoup d'efforts, elle s'est arrêtée après "tu n'as pas fait". Mais voilà quoi. Elle n'est pas encore à relier les lettres en syllabes, mais maman, sers-moi donc d'outil pour que j'écrive, j'en suis donc, moi, à l'état d'intermédiaire entre sa pensée et sa main. (Et c'est plaisant comme job.)

Je lis ce qu'elle écrit seule.
AORAMNTOMNPRA et autres assemblages de lettres hilarants à prononcer.
Sur tous supports, à toute heure du jour, tout à l'heure c'était écrit au doigt sur une vitre embuée.
Je lui dis que je ne comprend pas, que ce ne sont pas des mots signifiants, mais qu'on peut la lire, et que c'est très drôle.
Je lui désigne ses lettres les mieux formées, en remarquant que mieux elle trace mieux je la lis.

Bon, parfois, c'est fatiguant d'être présente. Et là, présentement, j'aurai bien besoin de deux jours pour dormir, bouquiner, et re-dormir, sans mioche et sans chiennes, sans le chat.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire