lundi 2 février 2015

L'école maternelle

En juillet dernier, le père de ma fille réapparaissait dans notre vie. Depuis, Miochette passe une semaine chez lui, une semaine chez moi, et nous sortons régulièrement tous les trois, pour un concert, pour faire un tour à la déchèterie, ou pour ceci ou cela.

La fin de l'allaitement fut pénible, parce qu'il s'en est mêlé en disant à notre fille de ne plus téter (énorme connerie qui a marqué le début des tensions entre eux). Ces derniers temps, elle ne part plus de la maison le sourire aux lèvres en oubliant de me faire un bisou toute occupée à vivre l'instant présent et roule ma poule vers une nouvelle aventure.
Dans cette situation où il arrive au bout de ses ressources, son père est persuadé que l'école est la solution pour qu'elle se sente bien (merci la remise en cause parentale au passage, mettre l'enfant à l'école pour apporter une stabilité dans sa propre vie, c'est la pire raison que j'ai pu entendre...)
Après avoir lutté contre cette idée reçue qu'un enfant doit aller à la maternelle pour la socialisation, j'ai choisi d'accepter l'école maternelle pour ramener la paix entre père et fille.

Aujourd'hui, nous sommes aller voir cette petite école de deux classes et demi. J'ai beaucoup apprécié la discussion avec son directeur, l'échelle tout à fait humaine du bâtiment (4 salles, une pour les petits, une pour les grands, et les moyens naviguent entre maternelle et école primaire)(et le batiment en lui-même a un certain charme), le grand élan de sollicitude des élèves quand la miochette a fait une chute sur le bitume (ben oui, quand on est habitué à courir dans le jardin, la cour en dur, ça déboussole).
Les salles sont hautes de plafond, la classe des petits est chaleureuse, rien de Montessori dedans, mais rien que du gros bon sens de base, des bancs pour la lecture, des jeux, des tables, des petites chaises, un peu de bazar dans les caisses. Un peu comme chez nous quoi.
Je connaissais déjà l'institutrice de maternelle de vue de loin, et j'aime bien l'énergie qu'elle dégage.

Cette petite école me plait. D'abord parce que je suis maintenant prête à mettre la petite à l'école, elle est sevrée et exprime ses besoins clairement et directement (c'était très important pour moi qu'elle ne puisse pas se retrouver dans une situation d'incompréhension dans une collectivité quelle qu'elle soit).
Ensuite, les élèves, globalement, ont vraiment l'air bien dans leurs baskets, sont polis, et vont vers les adultes qu'ils connaissent ou qu'ils ne connaissent pas de façon naturelle. Je me suis retrouvée avec une maternelle dans les bras, des petites primaires qui me demandaient mon prénom et qui j'étais...
Et puis je trouve la philosophie du directeur très humaine et respectueuse de l'enfant. Pas de pédagogie, rien que du bon sens et du respect de l'enfant et de sa propre histoire.
Enfin, la taille toute à fait "idéale" de cette école. Il est tout à fait possible de se rappeler des prénoms de tous les enfants, et de leurs parents et des frères et soeurs. Et ça, même si ce n'est pas rentable selon l'Education Nationale, c'est très précieux pour les enfants.

Il existait d'autres solutions pour Miochette et son père. Elles existent toujours d'ailleurs. Seulement, on ne peut pas obliger à voir à quelqu'un qui refuse d'ôter ses oeillères.

Je n'aime pas faire les choses à moitié. Quand j'ai commencé la reconstitution, j'ai décidé de me former pour pouvoir mener une activité professionnelle en rapport avec ma passion.
Après les vacances de février, la petite ira à l'école maternelle, et avec mon indécrottable manie de foncer toujours droit devant, je réfléchis aux moyens de m'investir dans cette nouvelle aventure.

Il nous reste quelques formalités, des papiers, le (seul) vaccin obligatoire DTPolio, et deux nouvelles paires de chaussures de marche, pour elle et moi, parce qu'il n'y a que 5 km entre l'école et notre maison, par une jolie petite route campagnarde. Une heure de marche dans le petit matin breton (nos cirés sont bretons aussi, pour ceux qui s'offusqueraient à l'idée de faire marcher un enfant sous la pluie), une heure de marche pour rentrer au nid. Ça compensera le béton dans la cour, la sieste "obligatoire" de l'après-midi, et garantira un bon appétit pour le repas du midi à la cantine.

Il nous reste un sujet de désaccord, notre actuelle habitude une semaine chez un parent, une semaine chez l'autre, avec la navette le vendredi ou le samedi. Je trouve que nous sommes dans un système résilient, qui s'adapte à nos professions d'artisans, et une semaine permet à Miochette d'arriver, se poser, reprendre les habitudes du lieu, et de profiter du lieu. En outre, avec l'école qui commence, de nouvelles routines avec des éléments identiques seront créées chez son père comme chez moi, maternelle et fin de semaine.
Il serait question de changer, de faire 5 jours chez le père et le week end chez moi. Or, ça créerait un déséquilibre dans la "fonction" du parent. Il y aurait le papa école et la maman loisirs. Et je trouve ça non seulement injuste et inacceptable de mon point de vue, mais aussi aucunement résilient, et pourtant la résilience dans la garde alternée est un élément essentiel dans une famille dont les parents sont séparés.
Si il y a une habitude d'horaires semblables dans une maison comme dans l'autre, alors je sais que Miochette ne fera pas de différence, les choses seront en ordre et les tensions disparaîtront.
En revanche, et c'est ce qui pose problème actuellement, si les activités quotidiennes sont aux antipodes chez l'un et chez l'autre, alors j'en connais une qui ne tardera pas à manifester sa désapprobation.
Miochette est un savant mélange de Hobbit et de Nain (Tolkien of course)... Elle aime les routines, la chaleur de notre foyer, notre pays de bocage, et cela lui permet de kiffer grave (j'ai du mal à retrouver une expression aussi adéquate en français académique) les aventures rocambolesques en camion ou en reconstitution historique.

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