samedi 17 septembre 2016

Déjà la mi-septembre ?

Enfin, "déjà"... façon de parler.

Cet été fut particulier, pour une fois, je n'ai pas plongé dans mon terrier pour une retraite estivale. Alors, non, je n'ai pas blogué, et je ne fus que très faiblement présente sur les réseaux sociaux (hormis un forum de jeu de rôle que nous avions à reconstruire après un schisme entre responsables).

Cet été fut particulier, j'ai eu trente ans, et c'est juste trop cool, j'ai eu des cadeaux merveilleux, gâtée pourrie.

L'été tire maintenant sur sa fin, et c'est un mois de septembre particulier, puisque nous ferons la rentrée de notre école à la maison le 23 septembre. Et je proclame haut et fort ces mots "rentrée" et "école à la maison", car cet été tout particulièrement, j'ai trouvé le milieu "unschool" particulièrement irresponsable, violent, voir malveillant envers les autres courants IEF. Alors je le dis bien haut et fort, je me désolidarise de tout ce fatras à la sauce libertaire, merde à la fin. Cette bouillabaisse imbuvable qu'on nous ressert jusqu'à plus soif, ras la couenne. Je suis convaincue et je vis cette aventure qu'est la non-scolarisation de l'éducation et l'instruction de ma fille. Mais je n'oublie pas que nous sommes des pions, des tous petits pions, de minuscules pions sur un échiquier politique déconnecté de la Pachamama.

Je n'oublie pas que le plus important n'est pas mon enfant, mais la transmission des exploits cognitifs réalisés par des milliards d'humanoïdes avant nous. Mon enfant n'est qu'un jalon, un relais, un tout petit pion. Ce petit pion est le centre de MON monde, mais nous vivons dans LE monde. L'égocentrisme n'est plus une option, la simple survie de la planète - notre unique vaisseau Terre - est menacée par les plus perverses dérives de la pensée humaine, et les hommes ont besoin de techniciens, d'ingénieurs, de paysans connectés à leur terre et entre eux, pas d'ignorants nombrilistes.

La génération qui vient (et la suivante et toutes celles qui auront à réparer et réinventer le monde) a besoin de très bons généralistes, elle va devoir développer le concept de résilience à l'extrême. Elle va devoir apprendre tout le savoir actuel, pour comprendre toutes les exactions commise par l'homme, et en plus utiliser son potentiel créatif pour surmonter cette crise à l'échelle d'un astre. Double charge de travail, pas de bol.


14 commentaires:

  1. ça me fait plaisir de te lire, Enid! J'attendais un nouveau billet avec impatience,je ne suis pas déçue! Bonne rentrée à vous deux!

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    1. Je crois que ce "long" silence nous a fait du bien à l'une comme à l'autre. :-)

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  2. Ta plume fait toujours mouche :)
    Bonne rentrée!

    Sandrine

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  3. Chouette, tu es de retour! Bienvenue chez les trentenaires Enid, et bonne rentrée à vous deux :-)

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  4. c'est la voix de la maturité qui s'exprime .... , comme je te comprends , tout cet individualisme me fait peur à long terme .
    Qu'elle sera le monde demain , avec ces enfants sortis de l'EN qui ne croient tout permis et qui ne savent quasi rien , et ces autre sortis de l'IEF qui savent tout en théorie .
    Mais juste en théorie, car avoir des connaissances qui ne servent pas dans l'immédiat , est devenu une aberration.

    Ils ne vivent que suivant "leurs besoins", mais pourtant parmi eux se trouve nos futur dirigeant etc....

    en cette rentrée : j'ai peur tout simplement

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    1. Je peux comprendre. Je me disais il y a quelques instants que je choisissais l'ief pour donner le temps à ma fille d'apprendre tout ce qu'elle a à apprendre. Cette notion de suivi naturel des rythmes de l'enfant me chatouillait depuis longtemps, et je viens de comprendre pourquoi. Le temps qu'on choisit de prendre en ief, c'est le même que prenaient notre arrière-grand-mère quand elle accomplissait chaque tâche avec soin aujourd'hui en préparant demain. Aujourd'hui le jeu et la bienveillance maternelle (paroles, structuration du temps, encouragements, propositions, ...) préparent le demain de l'enfant. Notre machin poupin et tout rose qui n'a même pas marché quinze minutes après sa naissance a un développement différent de celui des autres mammifères. Il y a un truc humain, le mental, qui vient à la fois parasiter et nourrir l'instinct. Je ne m'aventure pas plus loin, je vais finir par dire des conneries, mais j'y reviendrai, parce que les enfants les plus créatifs et équilibrés de mon entourage ne sont pas forcément ceux qui grandissent dans la parentalité positive auto-proclamée.

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  5. Je relaie cet article qui dit si bien ce que pensent plusieurs!

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  6. Je ne savais pas qu'à 30ans on été suicidaire ?? Bon courage à toi. Je me suis fait allumé avec partageant la pensée d'une pédagogue alors un coup de gueule pareil... ouh la la. Je trouve actuellement la sphère IEF très tendue, j'espère qu'elle retrouvera bien vite son optimisme.

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    1. Effectivement, je reviens de ton article et... pas compris où était le problème. :-D

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  7. Bonjour ! les enfants qui sortent de l'EN ne sont pas tous des ignorants notoires uniquement tournés vers eux-mêmes, suprêmes artisans de l'individualisme ambiant ! Eux aussi ont des parents qui sont attentifs à leur éducation et à leur instruction ;-) Quant à l'orthographe, par pitié, certains auteurs de commentaires relisez-vous ! surtout si vous vous attelez à cette tâche de l'apprendre à vos enfants !

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    1. Bonjour, j'aimerai savoir à quel moment j'ai cité les enfants scolarisés en établissement dans cet article. Avant de remarquer les petites pailles dans l'orthographe des voisins, merci de faire un travail d'analyse de texte : je m'emporte ici sur les dérives de l'unschool.

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    2. Bonjour ! ne nous emportons pas, je n'ai pas été agressive envers quiconque ;-) je parlais du commentaire de Cindy de manière tout à fait factuelle. Je trouve simplement dommage que l'EN soit en permanence montrée du doigt dans le milieu de l'IEF, comme le diable en personne qui ne génèrerait que des enfants perdus. Ce n'est pas le cas ! l'IEF est extraordinaire, le complément que font certains parents de l'instruction reçue par leurs enfants scolarisés l'est également. C'est en se serrant les coudes entre parents, tous éducateurs de nos enfants que nous aurons des enfants instruits et heureux. Vous savez, je ne connais pas les finesses et les différences entre l'unschool, l'IEF, etc. Je me disais simplement que ce regard porté sur l'EN, celui que je lisais dans le commentaire en question, n'est pas toujours juste. Et lorsque je parlais de l'orthographe, je vais être très honnête avec vous (je suis beaucoup de sites sur l'IEF car j'instruis mes enfants en complément de l'école et je trouve cela passionnant !) : oui, je trouve que le niveau de beaucoup de personnes qui font de l'instruction en famille est tout à fait préoccupant (comme celui de certains instits, je vous le concède). Et je me demande simplement comment apprendre à des enfants à bien écrire lorsque l'on ne fait pas la différence soi-même entre un futur et un conditionnel, et lorsque les pluriels ne sont pas accordés. Mais j'apprécie beaucoup votre blog et ce que vous dites. Ce n'est en aucun cas une remarque personnelle. Merci et bonne journée !

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    3. Vous avez donc fait connaissance avec l'effet "Enid avant le premier café du matin". Râpeux, n'est-ce pas ? :-) En général, j'évite, je prend toujours un café avant d'allumer l'ordinateur.

      "Qu'elle sera le monde demain , avec ces enfants sortis de l'EN qui ne croient tout permis et qui ne savent quasi rien , et ces autre sortis de l'IEF qui savent tout en théorie . "
      Incompréhension, je pense. Cindy envoyait, il me semble, des briques dans toutes les directions, clichés EN et clichés IEF, avec plein d'ironie explosive dedans. J'avoue, ça peut paraître subtil, mais elle rabaissait là le caquet des extrêmes.

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