jeudi 6 octobre 2016

Le fortin du bon sens VI - la lutte. Attention article fleuve.

Nulle barricade, nulle lacrymo, en fin de compte. Ce n'est pas dans une rue de France que 35 000 pelés vont réaliser l'impossible dans cet état d'urgence abusif et permanent.

Quand on parle de l'instruction, et/ou de l'éducation, il faut garder à l'esprit qu'on cause d'un patrimoine immatériel. Le Sénat est passé par ici, le décret repassera par là.

Où est la Résistance si on parle de quitter le pays ? Où est la fierté d'être Lorrain, Breton, Français, d'appartenir à un peuple, de faire partie d'une population ?  Il faut se battre pour notre patrimoine culturel, même si pour cela nous devons nous faire cactus dans le désert.

There are two gifts we should give our children. One is roots, and the other is wings.

Je suis attachée à mon pays, à ses pays, à ses paysages, à cette campagne qui toujours renait, à ces bourgs, ces villages, ces hangars, ces ports, ces montagnes et ces fleuves. Je suis attachée aux gens, à ces caractères qui changent d'un canton à un autre, d'une ville à une autre.

La liberté, elle est là. Je suis libre d'aimer mon pays. Et cet amour, je l'ai transmis. Cette liberté de choisir d'aimer son pays pour ce qu'il est, je la transmet. Par la culture, par le savoir-faire, par les connaissances fondamentales, parce que cela garantit la liberté de ma fille, sa conscience du mot égalité, parce que cet ancrage dans un terroir donne son sens au troisième terme de notre devise, fraternité. La fraternité, c'est aimer un peuple pour ce qu'il est, pour sa capacité à devenir, c'est s'aimer pour chaque action accomplie pour et au sein de ce peuple.

La fraternité, ce n'est pas l'union nationale, ce n'est pas la fédération d'une multitude de facettes, c'est accepter de vivre côte à côte avec un autre que soi, et de l'aider en frère. La fraternité, c'est aller vers l'autre, pas de parler d'une seule voix.

Mon taf au sein du Collectif l'École est la maison : coulisses d'une punkette embarquée joyeusement avec toute l'équipe du Collectif.

Au début fut le groupe Facebook. Un joyeux brainstorming pour reprendre chaque mot de 17 propositions lancées à la disposition de ceux qui voulaient bien entendre. Pas une expression qui ne fut passé au crible de la moulinette : "et les unscho ? et le handicap ? et le trop jeune, le trop vieux, le trop normal ? et l'inspection ? et la loi actuelle ? et ..."
Et puis, à la sortie du moulin, 20 propositions, fruit d'une collaboration riche et passionnée. On a eu des départs, oui. Des personnes qui n'avaient pas compris que le Collectif et le groupe Facebook n'avaient pas pour but de remettre en question le principe de proposer quelque chose de concret au gouvernement, mais de produire le meilleur texte possible, dans un esprit d'apaisement et de réelle négociation ( = identification des problèmes de part et d'autres et invention des solutions).

Et puis nous avons soufflé, un peu. Est venu le temps de faire notre rentrée.

J'ai peu à peu créé ma place dans ce collectif. Ni formel, ni unschool, je revendique le Gris Arc-en-ciel. J'ai donc des choses à partager, des capacités à mettre à disposition d'une démarche que j'approuve.

Co-administrer le forum L'École est la Maison est quelque chose dont je suis fière. Cette plate-forme élargit les possibilités pour les membres de communiquer, de partager et d'archiver les documents.
Il nous a été demandé de pouvoir débattre et de discuter avec nous. Il nous a été demander de pouvoir avoir accès au partage sur l'instruction formelle sans adhésion au collectif. Nous avons donc ouvert la moitié du forum à un public hors-collectif. Les intitulés des catégories permet l'installation du débat, la poursuite de riches discussions, même vives ; il est possible d'identifier ensemble les problèmes de communication au sein de la sphère IEF, ces problèmes de communication entre anti et pour auxquels nous n'avons pas encore de solutions.

Co-administrer le forum, c'est un moyen de participer à la diffusion d'une information complète : la sphère IEF, c'est une multitude d'oeufs de crapaud agglomérés, une grappe mouvante, gluante, qui s'agglutine ou se disperse. Et c'est normal ! Nous ne sommes pas une communauté IEF en France. Nous sommes une agglomération de groupes qui s'assemblent par affinité. Liant il peut y avoir, ou pas.

Avoir adhéré au Collectif et co-administrer le forum me permet d'agir au niveau national et m'engager à la mesure de mes moyens, c'est être pleinement responsable de mes mots et de mes choix. Ça participe à ma liberté d'aimer mon pays et ses régions même quand il est tout de travers, même quand on a des éclopés au pouvoir.

Aimer et agir, c'est maitriser sa peur, c'est s'autoriser à inventer de nouveaux biais pour résister aux restrictions liberticides.

La lutte et la résistance sont là, dans la transmission de notre patrimoine, et l'insoumission aux idéologies nauséabondes. Mais je n'associe pas insoumission et révolte. On peut ne pas se soumettre en proposant autre chose. La troisième voie, l'idée en plus, la permission, les balbutiements d'un nouveau départ, dans le bon sens. Je n'associe pas insoumission et révolte, parce que je parle de construire demain, mais qu'une génération entière de mineurs en ief est ballotée par les trépidants rebondissements de l'affaire 14bis. On ne peut pas construire un avenir meilleur sur les barricades quand on parle d'un patrimoine immatériel. On ne peut pas obtenir une considération de l'IEF stable et durable si sans cesse l'un des partis se sent floué, faible, en faute ou impuissant.

3 commentaires:

  1. Je pratique l'IEF, je n'y mène aucune résistance ni lutte, mais j'aime bien cet article, notamment l'analogie avec les batraciens... Je crôa en la richesse qu'apporte un IEF, intelligemment bâti, à nos enfants.

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  2. Je n'ai plus d'enfants en âge scolaire mais je vous soutiens totalement.
    Que chacun puisse choisir librement l'instruction donnée à ses enfants est la base première d'une société dans laquelle il fait bon vivre.
    Vous avez raison en disant que notre pays est riche de sa culture et qu'il faut pouvoir la transmettre.
    Bonne continuation.

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